Être mère : le difficile exercice de funambulisme entre convictions personnelles et société {mini-débrief}

(j’avais plutôt choisi « Je suis mère et je t’em*** » au début en fait… mais je trouvais ça inapproprié pour les Vendredis Intellos)

Être mère, ce n’est pas simple. On le sait.
Ce qui est compliqué en fait, c’est de faire des choix. Des choix pour de vrai. Pas des choix qu’on pense faire alors qu’on est sujet à des pressions familiales ou sociétales.

A vrai dire je suis passablement énervée. Énervée par les polémiques des dernières jours concernant le maternage proximal, ou, plus récurrent, sur l’allaitement. Énervée parce que celles qui montrent du doigt celles qui invitent à une autre forme de maternité n’ont pas compris. Compris que l’on peut être mère autrement, du moment que cela nous va bien. Être mère en dehors de ce que nous dit la société. Être mère en fonction de nos ressentis, de notre enfant, et cela en restant en dehors de ce que veut nous faire croire la société comme étant la norme.

Drenka aborde justement le sujet cuisant de la télévision, avec laquelle elle s’est réconciliée grâce à une animation que j’adore des Studios Aardman, Shaun The Sheep (Shaun le mouton). Qui n’a pas lu et entendu les conclusions des récentes recherches sur les méfaits de la télévision ? Moi-même j’en avais parlé sur mon blog après une réunion de la crèche qui m’a clairement fait flipper. Mais Drenka remet les choses à leur place en avançant l’argument « la nocivité dépend de la dose »avec lequel je suis plus que d’accord. J’ajouterais même : la nocivité dépend de la qualité. Shaun le Mouton est juste extra. Non violent. Suffisamment lent pour être compris. Et intelligent pour rigoler ! Je ne cherche pas à me justifier mais franchement, si laisser un enfant de moins de 3 ans seul devant la télé pendant une heure ou plus tous les jours est sans doute à éviter, laisser son enfant regarder la télé en contrôlant le contenu et en étant présent pour parler de ce qu’il voit me semble raisonnable. Personnellement, j’ai arrêté le zéro télé. Ma Zouzou adore regarder le tennis (oui, j’allume quand il y a un match sympa, 15 minutes tout au plus). Oui, de temps en temps je mets la télé. Mais on parle, je lui demande ce qu’elle voit, elle me parle. Cela ne reste pas une simple activité de « gobage » d’images. Et puis on est humain hein. Et non, je ne me justifie pas. Quoique…

Htormelc, elle, revient sur un des éléments du maternage proximal – quels très vilains mots… cela stigmatise une approche non violente de l’éducation de l’enfant qui n’a rien à voir avec une quelconque méthode ou doctrine en vrai… – le portage. Le portage, souvent montré du doigt, est juste une manière très naturelle de garder un contact charnel avec son enfant… en ayant les mains libres. Si certains peuvent y voir un objet de l’asservissement de la femme, que nenni, c’est se tromper d’ennemi ! Combien de fois ma Zouzou a pleuré, inconsolable, au début de sa vie, combien de fois elle s’est endormie contre moi, dans l’écharpe, me laissant alors (enfin) le loisir de me faire à manger. Je n’ai pas beaucoup porté : pas la bonne écharpe, pas le bon nœud, mais j’ai recommencé à ses 18 mois à beaucoup la porter, pour faire à manger notamment. Et encore, quand on sort, elle aime tant être dans mes bras… Les bras… l’écharpe de portage n’est-elle pas tout simplement un prolongement de nos bras, de la protection que l’on peut offrir à son enfant ? Difficile d’expliquer cela aux autres, ceux qui sont contre, qui ne comprennent pas, ceux qui sont partisans du « laisser pleurer ». C’est vrai, pour accueillir un enfant dans ce monde difficile, mieux vaut le laisser pleurer, seul, dans son lit froid, loin de la chaleur de sa maman dans laquelle il a baigné pendant 9 mois, au moins, il s’y fera à ce monde dur et violent… Quoi qu’il en soit, Drenka nous propose une réplique à sortir si d’aventure quelqu’un critique le fait qu’on porte. Moi, personnellement, je lui dirais juste « va voir ailleurs si j’y suis ». Mais je suis un peu directe ce soir.

Enfin, Ilse nous fait part de ses démons en tant que mère et nous interroge, pour se rassurer, sur comment, nous, on fait. Et j’ajouterais « pour pas culpabiliser ». Comme Ilse, j’ai en tête d’être une mère parfaite. Avoir ma maison bien rangée, tout ordonnée, propre du sol au plafond, être un cordon bleu qui fait des plats équilibrés. Une maman qui fait tout « comme il faut ». Mais ça, c’était avant, avant que je me rende compte que je n’étais pas comme ça, que j’allais fondre un fusible si je faisais tout pour atteindre son objectif… Que sacrifier de mon temps ou celui que je passe avec mon homme ou celui dont j’ai besoin pour ma Zouzou ou pour écrire pour du ménage, ce n’était juste pas possible. Inconcevable. Que je ne serais pas la mère parfaite. Je suis celle qui arrive en retard à la crèche, celle qui oublie le chapeau pour sa Zouzou, ou la crème solaire. Et alors ? Je l’aime ma Zouzou, je lui dis et le lui montre, et je la protège des dangers, c’est bien ce qui compte ? Sauf que  moi aussi j’ai du mal à assumer… Et j’ai l’impression d’être une mauvaise mère, égoïste qui plus est. Donc merci Ilse d’avoir partagé ce moment qui me déculpabilise, qui rassure aussi ! Non, je ne suis pas une Bree Van der Kamp, et alors ? Et ceux qui trouveront mon intérieur bordélique… peuvent passer leur chemin (ou l’aspirateur, au choix ;)) !

Tout ça pour dire : soyez la maman que vous voulez être, comme vous êtes, ni plus ni moins ;)

Kiki the mum

4 réflexions sur “Être mère : le difficile exercice de funambulisme entre convictions personnelles et société {mini-débrief}

  1. Et ceux qui trouveront mon intérieur bordélique… peuvent passer leur chemin (ou l’aspirateur, au choix ;)) !
    Haha! <3

  2. Merci pour ce chouette debrief ! Tu as bien raison nous devons être la mère, la femme que nous voulons et non celle que la société, la famille parfois aimeraient que l’on soit !

  3. Absolument d’accord !
    Mais pour moi, le plus difficile, ce n’est pas d’être la mère que je veux être (ça, ça va, la pression familiale, sociétale et tout ça, je gère et/ou j’ignore inconsciemment !)
    Non, ce que moi je trouve difficile, parfois, c’est de savoir QUELLE mère je voudrais être… C’est bête à dire, mais parfois je me sens paumée… Et certains de mes choix m’étonnent moi même !

  4. Oui très chouette débrief. Je voulais juste revenir sur un point : ce n’est pas parce qu’on n’allaite pas et qu’on ne pratique pas le portage et autre qu’on n’est pas une bonne mère. Comme ton débrief’ le dit si bien c’est une question de ressenti, de possibilités aussi à un moment T et qui ne sera pas le même moment pour chaque enfant d’une fratrie. En gros, je crois qu’il ne faut pas stigmatiser les femmes qui refusent tout ce côté maternage et surtout ne jamais regretter ses choix à partir du moment où nous sommes en cohérence avec nos propres visions et valeurs.

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